Santé

Charge mentale au travail : comment les DRH peuvent agir

Charge mentale des collaboratrices : signaux, chiffres et leviers concrets pour les DRH.

Femme pensive, la main dans les cheveux, devant son ordinateur portable à un bureau encombré

La charge mentale au travail désigne l'effort permanent d'anticipation, d'organisation et de vigilance qui s'ajoute aux tâches visibles. Elle pèse davantage sur les collaboratrices, qui cumulent souvent cette charge professionnelle avec une charge domestique plus lourde. Pour une DRH d'ETI, la bonne nouvelle est qu'elle se repère et se réduit : par l'organisation du travail, le management et un accompagnement individuel confidentiel.

Charge mentale au travail : de quoi parle-t-on ?

La charge mentale n'est ni une maladie ni un manque d'organisation personnelle. C'est la somme des choses à penser : relancer un dossier, anticiper une réunion, gérer les imprévus de l'équipe, garder en tête les échéances des autres. Elle est largement invisible, car elle ne figure dans aucune fiche de poste et ne se mesure pas en heures.

Elle devient un sujet RH quand elle s'additionne à une autre charge, celle de la vie personnelle. Selon l'enquête Emploi du temps de l'Insee (2009-2010), les femmes consacraient en moyenne 3 h 52 par jour aux tâches domestiques, contre 2 h 24 pour les hommes, soit un écart d'environ une heure et demie par jour. Concrètement, beaucoup de collaboratrices arrivent le matin avec une « liste » déjà bien remplie.

Pourquoi les DRH d'ETI doivent s'en saisir

Les données récentes sur la santé mentale au travail montrent un écart net entre femmes et hommes. Dans la Grande enquête sur la santé mentale au travail menée par l'Ifop pour moka.care et le GHU Paris (terrain de janvier 2025, 2 000 salariés), 35 % des femmes déclarent avoir connu un burn-out lié au travail au cours des cinq dernières années, contre 21 % des hommes. Le stress chronique concerne 45 % des femmes, contre 26 % des hommes.

La deuxième édition de l'enquête, publiée en 2026, note une amélioration globale du bien-être mental, mais l'écart persiste : 73 % des femmes ont déjà ressenti au moins un trouble lié au travail, contre 62 % des hommes.

Pour une ETI, les conséquences sont très concrètes :

  • Rétention : une charge mentale non régulée précède souvent une demande de temps partiel, un refus de promotion ou un départ.

  • Pipeline de leadership : les femmes à haut potentiel renoncent plus facilement à un poste à responsabilités quand la charge invisible leur semble déjà maximale.

  • Égalité professionnelle : les indicateurs de l'index Egapro (augmentations, promotions, présence dans les plus hautes rémunérations) se jouent aussi sur ces renoncements silencieux.

  • Marque employeur : la façon dont l'entreprise traite l'équilibre des vies est désormais un critère de choix pour les candidates.

Les signaux à repérer dans vos équipes

La charge mentale se lit rarement dans les tableaux de bord classiques. Quelques signaux peuvent alerter les managers et les RH :

  • des messages envoyés tard le soir ou très tôt le matin, de façon régulière ;

  • une collaboratrice qui « prend tout » : comptes rendus, organisation des événements, accueil des nouveaux arrivants ;

  • des congés non posés ou fractionnés à l'extrême ;

  • une baisse d'initiative ou un retrait des projets transverses chez une personne habituellement très investie ;

  • une hausse des absences courtes ou une demande soudaine de télétravail supplémentaire.

Aucun de ces signaux ne suffit seul à conclure. Ils invitent à ouvrir un dialogue, pas à poser un diagnostic. Si une collaboratrice évoque des troubles de santé (sommeil, épuisement, anxiété), orientez-la vers la médecine du travail ou un professionnel de santé.

Cinq leviers concrets pour réduire la charge mentale

  1. Rendre visible le travail invisible. Lors des entretiens annuels, listez avec chaque personne les tâches non écrites qu'elle assume (coordination, tutorat, organisation). Ce qui est nommé peut être réparti, valorisé ou retiré.

  2. Répartir les tâches « transverses » de façon tournante. Prise de notes, organisation des séminaires, accueil des alternants : instaurez une rotation plutôt que de laisser les mêmes personnes s'en charger par défaut.

  3. Faire vivre le droit à la déconnexion. Depuis la loi du 8 août 2016, l'article L. 2242-17 du Code du travail intègre les modalités du droit à la déconnexion à la négociation sur la qualité de vie au travail. À défaut d'accord, l'employeur élabore une charte après avis du CSE. Au-delà du texte, donnez des repères simples : plages sans réunion, envoi différé des e-mails, pas de sollicitation pendant les congés.

  4. Former les managers à la régulation de la charge. Un manager qui demande « qu'est-ce que je peux te retirer ? » plutôt que « qu'est-ce que tu peux prendre en plus ? » change le quotidien d'une équipe.

  5. Anticiper les moments de bascule. Retour de congé maternité, prise de poste, rôle d'aidante, préménopause : ces périodes cumulent les charges. Un accompagnement proposé au bon moment évite qu'une surcharge passagère devienne un départ.

Comment Les Fondatrices peut vous aider

Les Fondatrices accompagne les collaboratrices des ETI aux moments clés de leur carrière. Nous identifions avec vous les moments de bascule, puis nous mettons chaque collaboratrice en relation avec l'experte adaptée parmi un collectif de plus de 30 professionnelles : coachs, expertes en santé féminine, en bien-être, en finances ou en communication.

Les séances sont confidentielles. La DRH pilote le dispositif grâce à un tableau de bord agrégé et anonymisé : elle suit l'usage et les grandes tendances, sans jamais accéder au contenu individuel des échanges. Un cadre qui permet aux collaboratrices de parler librement de ce qui les surcharge.

En résumé

  • La charge mentale au travail est invisible, mais elle pèse davantage sur les collaboratrices, qui portent aussi une charge domestique plus lourde.

  • Les enquêtes récentes montrent un écart persistant entre femmes et hommes sur le stress chronique et le burn-out liés au travail.

  • Les leviers sont organisationnels : rendre visibles les tâches cachées, les répartir, faire vivre le droit à la déconnexion et former les managers.

  • Un accompagnement individuel aux moments de bascule protège vos talents féminins et votre pipeline de leadership.

Vous souhaitez agir sur la charge mentale de vos collaboratrices ? Contactez-nous pour en parler.

Sources

Les Fondatrices est la 1ère solution RH qui accompagne les entreprises dans la fidélisation et le développement des talents féminins.

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Investir dans vos collaboratrices, c'est investir dans la performance durable.

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